Affaires étrangères : le vice-ministre ne reconnaît pas son agression par le Dircaba

Coups de poing ? Menaces de mort ? Agression physique ? Mise en danger du Vice-ministre par le Directeur de cabinet adjoint du Vice-premier ministre, Ministre des Affaires étrangères ? Rien de tout cela.

Une vaste opération de manipulation et de victimisation bien relayée et qui n’a eu pour mérite que de provoquer l’agitation dans l’opinion. Depuis lundi dans la soirée, certains médias mal introduits au ministère des Affaires étrangères ont enflammé la toile sur une prétendue grabuge qui se serait produite entre le Vice-ministre aux Affaires étrangères, Samy Adubango, et le Directeur de cabinet Adjoint du même ministère, monsieur Bernard Mpetshi.

Après une recoupe sérieuse des informations, et une collecte professionnelle de plusieurs témoignages, il s’avère que tant ces médias en ligne que leurs sources sont passés à côté de la plaque. Rappel des faits Tout commence le vendredi dernier avant-midi, et non samedi comme avancé par ces médias de la désinformation, le Directeur de cabinet, Ileka Atoki et le Directeur de cabinet adjoint, Bernard Mpetshi, avaient été convoqués par le Vice-ministre, Samy Adubango, pour un entretien relatif à la liste des membres du cabinet qui travaillent effectivement et qui doivent être payés par le ministère du Budget. Sur cette liste, se trouvaient de cases vides que le Vice-ministre devrait compléter par les noms de ceux qui officient dans son cabinet. Mécontent du nombre des cases lui réservées, le Vice-ministre s’est mis à s’attaquer au Dircaba Mpetshi Bernard sur un ton irrespectueux et indigne, l’accusant de donneur de mauvais conseils au VPM. Une liste que, d’ailleurs, le Dircaba Mpetshi Bernard a élaborée sur demande expresse du Vice-premier ministre, Ministre des Affaires étrangères, Christophe Lutundula Apala. Question : Pourquoi ces médias et leurs informateurs ont-ils tordu la vérité sur le jour de la tenue de cette réunion ? Doit-on considérer l’attitude du Vice-ministre comme une indiscipline ou une rébellion vis-à-vis du VPM, auteur de la liste qu’il conteste ? Après cette remontrance, le Vice-ministre Samy a instruit à son Garde du corps d’expulser le Directeur de cabinet et le Dircaba de son bureau. Sans résistance, les deux hauts cadres du cabinet sont sortis du bureau du Vice-ministre et sont allés rendre compte au VPM. Ce dernier n’en a pas accordé un intérêt particulier tellement l’affaire était si frivole et réglée par le texte portant organisation et fonctionnement des cabinets ministériels. Silence accusateur Après cette séquence du vendredi avant midi, le calme est revenu et chacun vaquait librement à ses occupations. Le travail au cabinet se poursuivait sans ambages sous la houlette du Directeur de cabinet et en présence du VPM. Le samedi, l’ambiance était parfaite au cabinet. Aucun bruit, aucun soupçon sur le prétendu incident. Le VPM, Christophe Lutundula, le Vice-ministre, Samy Adubango, le Directeur du cabinet et ses adjoints ainsi que tous les autres membres du cabinet étaient présents.

Prévu pour le samedi, le Chef de la diplomatie congolaise n’a pu effectuer son voyage vers le Malawi que le dimanche à 12h. Pendant tout ce temps, le silence de Samy Adubango est notoire. L’agressé digérait-il encore l’agression dont il a été victime ? Question : Pourquoi un tel silence de la part de celui qui aurait été agressé depuis vendredi ? Le Vice-ministre était-il dans l’incapacité intellectuelle ou mentale de pouvoir rendre compte du mauvais comportement du Dircaba au VPM Christophe Lutundula ?

Début de l’aventure

Le lundi, au moment où il fallait s’attendre le moins, le Vice-ministre adresse une correspondance au Directeur de cabinet, témoin oculaire de la séance de vendredi, lui adjoignant de prendre des « mesures conservatoires à l’encontre de monsieur Mpetshi Woto Bernard, Directeur de cabinet adjoint en charge de la coopération et des questions financières ». Dans cette lettre, le Vice-ministre aux Affaires étrangères accuse le Dircaba d’avoir « affiché un comportement d’extrême indélicatesse et de rébellion à son autorité le samedi 14 août 2021 dans son bureau et aux alentours ». De ce fait, poursuit-il, « …vous êtes instruit à prendre à son encontre des mesures conservatoires tendant à lui interdire tout accès au ministère jusqu’à nouvel ordre ». Question : Pourquoi le Vice-ministre a-t-il attendu le lundi pour sanctionner le Dircaba pour le fait qu’il dit s’être déroulé le samedi au moment où le VPM était encore présent au cabinet ? Attendait-il que le VPM se déplace vers Malawi, et que l’intérim se déclenche, pour tenter de sanctionner le Dircaba Mpetshi ?

Preuve de l’acharnement

Il serait impérieux de confirmer que le comportement du Vice-ministre vis-à-vis du Dircaba Mpetshi Bernard relève tout simplement de l’acharnement contre un brillant collaborateur du VPM qu’il veut écarter du cabinet. Car, avant même que le Directeur de cabinet ne donne suite à sa lettre N°130AE/-0066-/2021 sus évoquée, le Vice-ministre Adubango est entré en action. Il a instruit aux éléments de la police détachés aux Affaires étrangères de ne pas laisser entrer le Dircaba Mpetshi au bâtiment abritant le Ministère des Affaires étrangères, faute de quoi il passerait en action. Une procédure disciplinaire qui n’existe que dans sa tête. Voilà ce qui a obligé le Dircaba, venu lundi à son travail, de rebrousser chemin. Dans l’espèce, la procédure voudrait que le Dircaba soit entendu sur PV, qu’il soit signifié de la faute commise et de la sanction qu’il encourt. Et suivant le décret n°20/014 du 2 avril 2020 portant organisation et fonctionnement des cabinets ministériels, en son article 26, stipule « le Vice-premier ministre, le Ministre d’Etat, le Ministre ou Ministre délégué, détiennent la plénitude du pouvoir disciplinaire sur les membres de son cabinet ». Le Vice-ministre est donc allé à côté de la plaque.

Manipuler l’opinion et salir le VPM Lutundula

Contre toute attente, les médias en ligne rentrent dans la danse avec des titres pompeux. Tous affirment, sans aucune vérification, que le Dircaba de Christophe Lutundula a agressé et proféreé des menaces contre le Vice-ministre aux Affaires étrangères. Certains sont allés jusqu’à affirmer que la vie de Samy Adubango serait en danger. De quoi rire ! Récidivisme ! Le Vice-ministre Samy Adubango est-il à sa première gaffe vis-à-vis de son titulaire ? Non, répondent ceux qui l’ont côtoyé lors de son passage au ministère de Transport et Voies de communication. Là, avec José Makila, ils n’ont jamais été en odeur de sainteté. Samy Adubango se permettait de contester toutes les décisions de son titulaire surtout en ce qui concerne le nombre pléthorique des agents qu’il tente d’amener au cabinet.

Témoignage poignant

Selon un directeur de l’administration des Affaires étrangères, le Directeur de cabinet adjoint est victime de l’intolérance du Vice-ministre. Ce dernier considère, pour rien au monde, que c’est le Dircaba Mpetshi Bernard qui est à l’origine des remarques sur le plan professionnel que le VPM a eu à lui faire ainsi que le refus de celui-ci d’accéder à ses prétentions de désigner, pour son compte, un Directeur de cabinet adjoint et six conseillers de son obédience. Tout compte fait, la correspondance du Vice-ministre Samy Adubango s’inscrit dans l’antipode des informations fournies par ses propres collaborateurs à la presse en ligne. Il avoue n’avoir jamais été agressé, tabassé ou menacé de mort.

JMD